Ateliers et conférences

Thème 1
Médias communautaires : l’usage qu’on en fait!

A- médias communautaires et groupes communautaires : quels liens possibles?
L’expérience du journalisme d’intervention est propre à certains médias communautaires qui placent la promotion et la défense des droits individuels et (surtout) collectifs, bien en-haut de leur liste de priorités. De plus, ces médias – dans la mesure de leurs modestes moyens – sont aux premières loges quand vient le temps de couvrir les luttes populaires tant urbaines que sociales. Mais, agir à découvert, comme le font les médias communautaires, peut poser problème : ce qu’ils gagnent en crédibilité, ils le perdent souvent en recettes publicitaires.

L’atelier propose un regard critique et historique sur les pratiques journalistiques du journal Droit de parole et de CKIA Radio Basse-Ville à partir de quelques questions :Comment définir les liens qui existent entre médias communautaires, luttes populaires et défense de droits? Comment les groupes populaires et communautaires peuvent-ils s’en servir? Quels en sont les avantages? Quelles en sont les limites?

B- communautés culturelles et médias communautaires 
Le Québec présente un visage de plus en plus multiculturel. Les médias tiennent-ils compte de cette réalité ? Les membres des communautés culturelles prennent-ils la place qui est la leur ? Un regard sur l’expérience singulière du Journal des immigrants de la Capitale, un an et des poussières après sa création; un retour sur quelques émissions multiethniques diffusées sur les ondes de CKIA Radio Basse-Ville qui, dès sa fondation, reconnaissait la nécessité de cette présence sur ses ondes et une réflexion sur l’expérience de Radio Centre-Ville à Montréal.

Quel a été l’apport des médias communautaires à la place prise par les communautés culturelles en ondes et à l’écrit? Quels sont les enjeux, les ouvertures possibles et les limites actuelles et envisageables?

C– le centre des médias alternatifs du québec (cmaq) à québec : où en sommes-nous?
Seattle, automne 1999. Un nouveau mouvement populaire contestataire anti-mondialisation et un premier centre de presse indépendant (IMC ou Indymedia) émergent. Grâce à Internet, le monde entier a pu suivre les événements rapportés par une pluralité de voix émancipées, libres de toute sujétion aux discours officiels. Un an plus tard et afin de couvrir notamment le futur Sommet des Amériques, c'est au tour du Québec de se doter d'un centre des médias alternatifs basé en large partie sur l'expérience de Seattle.

Au lendemain du Sommet des Amériques, on retrouve, sur une base permanente, plus d’une centaine d’antennes du réseau Indymedia (dont fait partie le CMAQ) un peu partout dans le monde, mais surtout en Occident. Le réseau est quotidiennement visité par des centaines de milliers d’internautes. Mais aujourd’hui, en 2006, les activités du CMAQ à Québec sont très dispersées, pour ne pas dire quasi inexistantes.

Comment expliquer l’engouement pour les médias électroniques partout ailleurs et la situation du CMAQ de Québec? Pourquoi? Quel bilan fait-on de cette expérience?

Thème 2 
Marchandisation, homogénéisation, sous-financement

A- le hachis culturel, la non-critique, la rectitude politique et la pensée unique des médias de masse : où se situent les médias communautaires?
Les médias de masse ajustent leur produit en fonction d’un marché à conquérir. Leur obsession : séduire le plus grand nombre en offrant un contenu uniformisé, façonné à coup d’enquêtes de marketing. Même la chaîne dite «culturelle» de Radio-Canada, avec son concept de musique spatiale, a succombé à la loi du nivellement par le bas. De peur qu’il veuille changer quelque chose, on offre à un public domestiqué (mais de plus en plus infidèle) ce à quoi il s’attend. À l’autel du libéralisme sont ainsi sacrifiés le risque culturel, le regard critique sur les différentes conceptions du monde, le contenu qui tente d’aller en profondeur, la nouvelle qui pourrait provoquer un véritable débat d’idées sur la place publique.

Dans ce contexte, où se situent les médias communautaires? Sont-ils au-dessus de tout soupçon? Les médias communautaires et alternatifs peuvent-ils et doivent-ils prendre la relève?

B- le sous-financement des médias communautaires : richesse de l’information et pauvreté de la situation
Bien qu’ils fournissent un produit d’une qualité certaine, les médias communautaires demeurent à la «merci» des humeurs de leurs principaux « commanditaires » en matière de financement… Est-ce en raison de leurs structures démocratiques et de leur relative liberté d’action et d’organisation? Comment faire pour varier le financement sans s’aliéner la base démocratique, sans altérer le produit? Comment faire pour en finir avec un certain «misérabilisme» dans les rangs des médias communautaires? Comment dépenser de l’énergie ailleurs que dans les radiothons, bingos et autres activités de recherche de commanditaires et de financement?

Quelles sont les solutions possibles pour assurer une continuité?

Thème 3 
Pour un «avenir radieux» et un renouvellement des pratiques

A- pour un bilan sans complaisance de nos pratiques journalistiques!
Les médias communautaires se veulent une alternative à l’espace médiatique traditionnel. Mais sont-ils vraiment à la hauteur de leurs prétentions?

Les médias communautaires jouent-ils vraiment leur rôle en matière de contre-information sociale et culturelle? Sont-ils de véritables empêcheurs de tourner en rond ou juste de «bons petits médias de gauche» qui brassent une fois par dix ans ? Est-ce que les médias communautaires font réellement contre-poids aux médias traditionnels en matière d’information et de pratiques journalistiques ? Ces médias font-ils suffisamment de journalisme d’enquête ?

B- pour une table de concertation des médias communautaires !
Discussion réservée aux membres des médias communautaires et alternatifs
Les médias communautaires devraient profiter de cet espace de réflexion pour réfléchir collectivement à leur capacité à se prendre en main à l’extérieur du cadre des associations traditionnelles et pour proposer des idées concrètes afin d’innover et de renouveler leurs pratiques. Cette discussion pourrait favoriser l’édification d’une table de concertation des médias alternatifs et communautaires ou toute autre idée. Cette table pourrait contribuer à leur rayonnement et à une plus grande solidarité des médias communautaires entre eux.